
40 albums. C’est le nombre total d’aventures qu’Astérix a vécu au cours de sa longue existence. Le site Babelio s’est proposé en novembre dernier de recenser les avis de ses utilisateurs et d’en tirer une moyenne pour chaque album. L’occasion de dresser un portrait intéressant des tendances des lecteurs quant à leur appréciation de ces derniers.
Sans avoir à se référer au tableau ci-dessous, on sait d’office que la publication d’Astérix compte quatre période. La « classique », regroupe les albums par Uderzo et Goscinny. La seconde période désigne celle d’Uderzo en solo. Troisième période dite du « passage de flambeau », celle des albums de Conrad et Ferri. La quatrième et dernière qui a démarré l’année dernière voit le petit gaulois confié aux bons soins de Fabcaro. Sans grande surprise quand on regarde les statistiques, l’on se rend compte que la première est forcément la préférée des lecteurs. Elle doit beaucoup au génie humoristique de René Goscinny qu’un tragique accident cardiaque emporta en 1977. Astérix était alors destiné à être mis à la retraite anticipée. Cependant les pressions de l’éditeur Dargaud et les fans en décidèrent autrement.
Mais si Goscinny était un génie de l’humour, Uderzo n’a toutefois pas hérité de ce talent. Si les premiers albums restent potables, celui-ci s’est assez vite égaré jusqu’à littéralement sombrer dans le ridicule avec Le Ciel lui Tombe sur la Tête, le moins bien noté de tous fort logiquement. Un album de départ en retraite pour l’autre papa d’Astérix aux airs de souvenir qu’on préfère oublier. La reprise par Conrad et Ferri a certes remis le tout sur les bons rails. Mais si leurs albums évitent à nouveau le cassage de figure, ils restent toutefois trop lisses et peinent à retrouver la verve malicieuse des classiques. Le Lys Blanc de Fabcaro sorti en 2023 a cependant su trouver un accueil des plus chaleureux auprès du public. Ce qui se traduit dans la notation vu qu’il se permet de dépasser La Grande Traversée ! Reste à savoir si l’exploit sera renouvelé.
Il est clair qu’il sera probablement difficile voire impossible de rivaliser avec l’ère Goscinny. Alors qu’Astérix bataille pour retrouver l’amour inconditionnel de son lectorat, la récente publication du Lys Blanc semble l’avoir ramené dans ses bonnes grâces. Reste à savoir si la tendance se confirmera avec le 41ème album prévu pour 2025 qui devrait logiquement retomber dans le giron de Conrad et Ferri.