
En dépit d’un chiffre d’affaire de plus de 184 milliards de dollars l’an dernier, le jeu vidéo continue de subir une importante vague de plans sociaux. Une tendance qui semble en bonne voie d’empirer pour cette année.
Le jeu vidéo domine l’industrie du divertissement. À lui seul, il est encore plus puissant que les industries du cinéma et de la musique réunis. 2023 reste cependant une annus horribilis pour le secteur en raison d’une multitude de vagues de licenciements. Si vous suivez l’actualité tant ici que sur les autres sites, vous aurez constaté qu’il est rare qu’une semaine s’écoule sans qu’un studio annonce un plan de restructuration ou de licenciement. 10 000 postes disparaissent rien qu’au cours de 2023. Et 2024 risque très fortement de battre le record car au premier trimestre ce sont 8000 postes qui ont sauté. Dernier contributeur en date : SEGA qui va se délester de 300 emplois au sein des filiales Europe et Amérique. Et ce malgré un bénéfice de 300 millions d’euros l’année dernière.
Les responsables de ces vagues de licenciement? La fin de l’ère COVID et plus précisément du confinement et surtout l’inflation qui ralentit la consommation. Certes les entreprises génèrent du profit, mais dans la loi de la rentabilité, les actionnaires ne pensent positif que si le chiffre d’affaire est large. La stabilité n’est pas source de positivité. Or, l’embellie constatée au cours du confinement est en train de prendre fin. Pour Phil Spencer, patron d’XBox qui s’est distingué avec l’acquisition très médiatisée de Blizzard Entertainment, l’absence de croissance contribue à cette défiance des actionnaires :
Ce qui m’inquiète le plus dans l’industrie c’est l’absence de croissance. (…) Or, nous devons montrer de la croissance à nos investisseurs, sinon pourquoi les actionnaires achèteraient-ils nos actions ?
Face à la loi des actionnaires se pose une solution bien connue : les licenciements afin de réduire les coûts. Mais face à ces vagues, les employés tentent de s’organiser du mieux qu’ils peuvent. Chez SEGA of America par exemple, une convention collective a été ratifiée. Ce qui est une première dans ce secteur ! Ce contrat garantit ainsi une mesure de protection des employés avec préavis et indemnisations en cas de licenciement.
L’année 2024 promet hélas d’être terrible pour l’industrie du jeu vidéo. Il parvient cependant à résister mais à un prix lourd. Reste à savoir quand est-ce que l’hécatombe prendra fin. Dans l’immédiat, les employés s’organisent tant bien que mal et nul doute que le visage de l’industrie sera profondément transformé.