
Microsoft continue son coup de balai massif. Après avoir écrémé l’effectif de Blizzard Entertainement, quatre studios viennent à leur tour de fermer leurs portes. Il s’agit d’Arkane Austin, Tango Gameworks, Alpha Dog Games et Roundhouse Studios !
1 900 licenciements. Rappelez-vous, c’est le nombre d’employés de Blizzard qui se sont fait offrir la porte par Microsoft. Hélas, le nettoyage continue et ce sont quatre studios qui vont disparaître de la surface de la planète jeu vidéo. L’annonce est en effet tombée au sein d’un mail de Matt Booty, l’actuel responsable des studios Xbox. En voici les premières lignes :
Aujourd’hui, je vous fais part des changements que nous apportons à nos équipes Bethesda et ZeniMax. Ces changements visent à donner la priorité aux titres à fort impact et à investir davantage dans le portefeuille de Bethesda, composé de jeux à succès et de mondes bien-aimés que vous avez nourris au fil des décennies. Pour doubler la mise sur ces franchises et investir dans la création de nouvelles, nous devons nous pencher sur l’ensemble de l’entreprise afin d’identifier les opportunités les mieux placées pour réussir. Cette redéfinition des priorités en matière de titres et de ressources signifie que quelques équipes seront réaffectées à d’autres et que certains de nos collègues vont nous quitter.
Résumé rapide : Microsoft table sur Bethesda et écrème le reste des studios dont les performances ne sont pas à la hauteur. Arkane Austin, studio de Harvey Smith, est pour le coup le premier à signer son arrêt de mort. La raison : les faibles ventes de Prey et le titanesque fiasco de Redfall. Autre victime figurant au champ d’honneur : Tango Gameworks, studio de Bestheda créé notamment par Shinji Mikami et connu pour les Evil Within et Ghostwire Tokyo. Microsoft y perd ainsi son seul et unique studio japonais. Les deux dernières victimes sont Alpha Dog Games, créateur du jeu mobile Mighty Doom et Roudhouse Studios. Les membres de ce dernier vont, heureusement, gagner les rangs de Zenimax Online pour bosser sur The Elder Scrolls Online.
On signalera que Microsoft peut s’enorgueillir de chiffres records en 2023. Avec un chiffre d’affaire de 212 milliars de dollards et un bénéfice net de 72 milliards, il est clair que le studio est loin d’être dans le rouge. Cette opération ne répond donc pas à des soucis de financement mais bien à un souci de cultiver sa rentabilité en la basant sur des titres forts. La fin du mail le souligne d’ailleurs très nettement :
Nous prenons ces décisions difficiles afin de créer la capacité d’augmenter les investissements dans d’autres parties de notre portefeuille et de nous concentrer sur nos jeux prioritaires. Bethesda reste l’un des principaux piliers de la Xbox, avec un solide portefeuille de jeux extraordinaires et des communautés florissantes. L’avenir nous réserve un nombre impressionnant de jeux. Rien qu’en 2024, nous aurons Starfield Shattered Space, Fallout 76 Skyline Valley, Indiana Jones et le Cercle Ancien et The Elder Scrolls Online’s Golden Road. Alors que nous alignons nos plans et nos ressources pour nous préparer au mieux à réussir dans cette industrie complexe et changeante, nos équipes à travers Arkane Lyon, Bethesda Game Studios, id Software, MachineGames, ZeniMax Online Studios et les équipes d’édition et d’entreprise de Bethesda seront bien positionnées pour créer de nouvelles propriétés intellectuelles, explorer de nouveaux concepts de jeu et développer nos franchises existantes.
La décision rencontre évidemment la colère de certains acteurs de l’industrie. Ainsi, le directeur créatif d’Arkane à Lyon, Dinga Bakaba, fait part de son indignation dans un communiqué au vitriol sur X. La multiplicité des licenciements au sein de l’industrie soulève de plus en plus l’épineuse question du rapport entre cadres et créatifs des studios. Une relation parfois houleuse où les seconds sont souvent soumis aux caprices des premiers.
La série noire continue donc pour l’industrie qui accuse donc hélas quatre nouvelles pertes. Depuis 2023, celle-ci subit une métamorphose massive sous fond de licenciements et de fermetures en masse. Et la crise ne semble hélas pas prendre fin. Nul ne peut prédire le visage qu’affichera l’industrie quand celle-ci se décidera enfin à s’arrêter. Dans l’immédiat, la colère gronde chez certains acteurs face au triste rappel que la rentabilité prime souvent sur la créativité.